vendredi 18 avril 2008
Les combats de Bouchavesnes en octobre 1916
| Bouchavesnes 72ème RI Oct 1916 |
| EXTRAIT DU JOURNAL DE MARCHE DU 72ème RI octobre 1916. Secteur BOUCHAVESNES (Somme). Le 72ème RI et son histoire: Le 72ème RI dans les combats de BOUCHAVESNES Après avoir stationné dans la région de CURLU au nord de la rivière Somme, les bataillons du 72ème RI rejoignent dès le 5 octobre le village de BOUCHAVESNES afin de relever le 89ème RI. Dans le secteur occupé par le régiment, les bombardements sont presque continus occasionnant quelques pertes. 7 Octobre 1916 : Au jour J, la 125ème Division a pour mission d’occuper la partie sud-ouest du bois ST PIERRE VAAST et de progresser jusqu’à la ligne 2562 point 132 de manière à prendre possession de la crête militaire donnant des vues sur la tranchée d’Haliez, le Bois ST GERMAIN et la tranchée du Bois ST GERMAIN. Attaque du front Est : Heure de l’attaque : le 7 octobre 1916 à 12h30. Dans cette attaque, entre Bouchavesnes et Moislain, Georges Emile y laissera la vie ... http://monsite.wanadoo.fr/arham/page4.html (bataille de Bouchavesnes) |
Au fond d'un cimetière ...
Cimetière de Montbarrois, entre Beaune La Rolande et Bellegarde, dans le loiret.
Depuis la dernière photo prise par notre grand mère, ou notre mère ... c'est à dire par Lucette Luche (épouse Quémy), cette plaque s'est fortement abîmée. Elle a même du tomber et se casser. On peut voir l'enduit blanc qui la retient. Les photos ne sont plus qu'ombre, certainement le travail du soleil ... Le corps d'Emile n'est pas là, là plupart des corps n'ayant pas été ramenés dans les communes d'où ils venaient.
Soit Emile se trouve toujours dans un champs entre Bouchavesnes et Moislains, soit dans le cimetière dédié au soldats de la ville, ou ailleurs ...
Ce qui est touchant, c'est que depuis le passage de Lucette, où la tombe était recouverte de mousse, celle ci a été nettoyée et surtout, reste propre, très blanche ... l'une des plus blanches du petit cimetière.
Photo prise par sa fille, Lucette Luche, en 1987 environ
Avril 2008 ...
Ici reposent Georges Luche, décédé le 22 mars 1928 à l'âge de 76 ans...
Et Palmyre Barreau épouse Luche, décédée le 7 février 1947 à l'âge de 90 ans.
Son bataillon ...
Sur la tombe de ses parents où se trouve sa photo, on peut y lire que Georges Emile Luche était 19ème B. Chasseurs ... ce qui ne signifiait rien pour moi.
C'est quoi être dans le 19ème B. Chasseurs ... quel est ce bataillon ....?
L'histoire de ce bataillon ...
"En avant toujours, repos ailleurs" (leur devise)
Le 19e bataillon de chasseurs à pied est une unité d'infanterie légère, de l'Armée française, crée en 1853.
En 1914, le 19e bataillon de chasseurs à pied est en garnison à Verdun (6ème région militaire). Il forme, en janvier 1913, le 4ème groupe de chasseurs cyclistes et un bataillon de réserve, le 59ème Bataillon de chasseurs à pieds, à la mobilisation.
Il fait tout d'abord parti de la 42ème Division d'Infanterie d'août 1914 à juin 1915. Le 19e est ensuite rattaché à la 127ème Division d'Infanterie de juin 1915 à janvier 1917, puis à la 166 ème de janvier 1917 à novembre 1918, mais cette partie, George Emile ne la connaîtra pas.
Il fut l'unité de chasseurs à pied, qui subit le plus de pertes pendant la guerre (7 fois reconstitué), soit pour une unité avec un effectif nominal de 1700 hommes :
- officiers : 68 tués, 15 disparus et 174 blessés.
- sous-officiers et chasseurs : 563 tués, 988 disparus et 4528 blessés.
Les batailles que racontent mon arrière grand père font parties de celles là celles là ....
1914
- Du 31 juillet au 14 août 1914, concentration vers Fresnes-en- Woëvre, puis couverture vers Sponville et Mouaville et organisation défensive de la région Herbeuville.
- les Éparges. : le 6 août, combat de Labry.
- du 14 au 21 août 1914 : mouvement vers la région de Ville-en-Woëvre, puis vers celle de Buzy.
- du 21 au 25 août 1914 : offensive par Gondrecourt, jusqu'au-delà de la Crusnes.
- Bataille des Ardennes (1914) :
- Le 22 août, combats vers Pierrepont et Bazailles
- le 24 août, combat vers Nouillonpont.
- 25-29 août 1914 – Repli, par Azannes et Béthelinville, sur la région de Cheppy.
- 29 août-6 septembre 1914 – Transport par voie ferrée de la région de Verdun, dans celle de la Neuvillette ; puis mouvement vers Sault-Saint-Rémy et l'Ecaille.
- À partir du 1er septembre, repli, par Bétheny et Ay, jusque vers Villeneuve-lès-Charleville.
- Première Bataille de la Marne:
- Du 6 au 10, bataille des marais de Saint Gond : Combats vers Villeneuve-lès-Charleville, Soizic-aux- Bois, Talus-Saint-Prix et Corfélix
- 9 septembre, mouvement de rocade vers Connantre et combats dans cette région.
- À partir du 10, poursuite, par Germinon et Juvigny, jusque dans la région d'Auberive-sur-Suippe.
- Du 14 au 22 septembre 1914 : Combats devant Auberive-sur-Suippe
- À partir du 17 septembre, vers Prosnes et la ferme des Marquises.
- 22 septembre-17 octobre 1914 – Mouvement de rocade.
- À partir du 24 septembre, combats vers le fort de la Pompelle et la ferme d'Alger ; puis, stabilisation et occupation d'un secteur vers Sillery et le nord de Saint-Léonard, déplacé à gauche
- 7 octobre, vers le fort de la Pompelle et les abords est de Reims.
- 17-21 octobre 1914 – Retrait du front et transport par V.F., de la région d'Epernay, dans celle de Dunkerque.
- 21 octobre-9 décembre 1914 – Mouvement, par Furnes, vers la région de Nieuport.
- À partir du 23 octobre, engagée dans la bataille de l'Yser.
- 30 octobre, dans la btalle d'Ypres:
- Combats vers Lombartryde, Nieuport, Ramscapelle, Perwyze et Dixmude
- 3 novembre, mouvement de rocade ; combats vers Woumen et Clercken
- 6 novembre, nouveau mouvement de rocade ; combats vers Bixschoote et Kortekeer Cabaret
- À partir du 15 novembre, occupation d'un secteur vers Kortekeer Cabaret et la maison du Passeur.
- du 9 au 30 décembre 1914 – Occupation d'un nouveau secteur vers le château d'Herenthage et Verbranden-Molen : violents combats vers la cote 60.
- 14 décembre, attaques françaises sur la cote 60 et sur la ferme Grœnenbourg.
- 25 décembre, secteur déplacé, à droite, vers Zwarteleen et le canal d'Ypres à la Lys.
- 30 décembre 1914 au 11 janvier 1915 : retrait du front et transport par voie ferrée, de la région de Cassel, dans celle d'Amiens. Repos vers Guyencourt.
1915
- 11 au 17 janvier 1915 : Transport par voie ferrée vers la Neuville-aux-Bois
- A partir du 15 janvier, transport par voie ferrée et par camions vers le front.
- Du 17 janvier à juin 1915 : Occupation d'un secteur vers le Four de Paris et Bagatelles (guerre des mines) : violentes actions locales répétées.
- 15 juin 1915 – Constitué le 15 juin 1915, dans la région de Génicourt-sur-Meuse.
- 15 juin – 5 août 1915. – Occupation d'un secteur vers Seuzey et Vaux-lès-Palameix.
- 5 août – 2 septembre 1915. – Retrait du front et repos vers Rosnes.
- 2– 20 septembre 1915. – Mouvement par étapes vers la région de Cheppes ; repos et instruction.
- 20 septembre– 4 octobre 1915. – Mouvement vers le camp de Noblette.
- À partir du 25 septembre, engagée dans la Deuxième Bataille de Champagne: Combats dans la région butte de Souain, ferme Navarrin. Puis occupation du terrain conquis, à l'est de la route de Souain à Somme-Py.
- 4 – 27 octobre 1915 – Retrait du front ; tenu prêt à intervenir
- 4 - 8 octobre: mouvement vers le camp de la Noblette ; repos.
1916
- 27 octobre 1915 – 3 juin 1916. – Occupation d'un secteur vers la butte de Souain et le nord de la ferme des Wacques :
- Le 27 février 1916, attaque allemande.
- Le 14 avril, extension du front, à gauche, au nord-est de Saint Hilaire Le Grand.
- Le 19 mai, attaque allemande par gaz.
- Le 1er juin, nouvelle extension du front, à gauche, jusque vers l'Epine de Védegrange.
- 3–22 juin 1916 – Retrait du front, transport par camions dans la région de Vadenay ; repos
- À partir du 15 juin, transport par camions dans la région de Vaubecourt; repos.
- 22 juin–6 juillet 1916. – Transport par camions à Verdun.
- À partir du 24 juin, engagé dans la bataille de Verdun, vers le bois Fumin et le sud de Damloup
- Le 3 juillet, attaque allemande sur la batterie de Damloup : le 4, contre-attaque française.
- 6–22 juillet 1916. – Retrait du front, transport par camions dans la région de Bar-le-Duc.
- A partir du 17 juillet, transport par VF. dans la région de Fère en Tardenois, puis mouvement vers Soissons.
- 22 juillet–26 août 1916. – Occupation d'un secteur vers Pernant et Soissons.
- 26 août–16 septembre 1916. – Retrait du front, repos et instruction vers Fère-en- Tardenois.
- À partir du 6 septembre, transport par VF. dans la région d'Amiens ; repos et instruction.
- 16 septembre – 3 octobre 1916. – Mouvement vers le front. Engagé dans la bataille de la Somme, vers Bouchavesnes et la ferme de Bois l'Abbé.
- Les 20 et 22 septembre, attaques allemandes.
- Les 25, 26 et 27 septembre, attaques françaises
- 3–18 octobre 1916. – Retrait du front (éléments maintenus en secteur jusqu'au 8 octobre) ; transport par camions dans la région de Méricourt sur Somme ; repos.
Il sera éternel pour Georges Emile qui n'ira pas plus loin que ce chemin qui menait de Bouchavesnes au village de Moislains, non loin de la ferme de Bois l'Abbé.
Leur refrain ...
Comme tous les bataillons de chasseurs à pied le 19 ème a un refrain : Trou du cul, trou du cul, plein de poils sales. Trou du cul, trou du cul poilu. Ce refrain, un peu paillard semble avoir été composé lors de la campagne de Crimée, il refléterait les très mauvaises conditions d'hygiène des troupes qui y furent engagées. En 1929, charles de Gaulle, alors qu'il dirige le bataillon, tente d'imposer une version plus édulcorée : "Le beau dix, le beau dix-neuvième. N'est pas, n'est pas le dernier.", mais le refrain original gardera toujours la faveur de la troupe et restera en usage, jusqu'à la dissolution de l'unité.
Et bien, joli refrain que voilà ...!
Site sur la bataille de Bouchavesnes ...
Ou, comment imaginer les derniers instants de Georges Emilie Luche ...
http://laurent59.canalblog.com/archives/bataille_de_la_somme_sept__oct__1916/index.html
Région de Bouchavesnes, où, presque 100 ans après, il reste de fortes traces ... et sous ce sol, non loin ... notre arrière grand père ...?
1er août 1914 et premières lignes du petit carnet noir
1er août - 10h du matin, apprend l'ordre d'appel, étant à l'atelier, pars immédiatement pour Bobigny. Je m'habille, à 11 h je suis de retour à Paris. Je dis au revoir à Georges et en route. Je passe chez mon oncle. Je trouve tout le monde en larmes, Camille est parti le matin pour Châlons. Je rentre au Fort de Vincennes vers 3 heures. A 4 h, j'ai douche, pantalon, capote et sac: me voici chasseur à pieds. Jusqu'à la nuit je remplis des paillasses. Vers 8 heures, après avoir mangé un morceau, je me couchedans la chapelle.
Dans la soirée, j'apprends que la mobilisation est ordonnée.
2 août - Bien mauvaise nuit: les réservistes arrivent à chaque instant. C'est un vacarme infernal. Ce matin, réveil à volonté. Je me lève vers 6 heures et je me promène dans le fort qui est rempli de troupes. Vers 10 heures, on me demande au bureau avec deux camarades. J'apprends que je vais partir pour le fort de Noisy. Je mange la soupe et on nous déshabille. Je sors du fort et je vais casser la croûte avec mon ancien sergent, qui, lui aussi, retourne au groupe. Il demeure à Vincennes. Nous allons à pieds à Noisy car il n'y a pas de tramway. Nous arrivons vers 6 heures, personne ne s'occupe de nous. Je me déshabille pour passer la nuit.
Georges Emile se trouve à gauche, sous la petite croix dessinée.
samedi 19 avril 2008
Théodule ...
Théodule, mort pour la France le 9 octobre 1918 à l'âge de 24 ans. Il a donné ses 20 ans à la guerre et à la France, et sa photo vieillit maintenant sur la croix de ses parents, dans un petit cimetière du Loiret.
De lui, on ne sait pas grand chose, juste une photo dans l'album généalogique réalisé par Lucette, sa nièce, et ceci inscrit sous la photo du cimetière: 89ème Régiment d'Infanterie.
Il était difficile de survivre en cette période de fin de guerre, les pertes furent terrible là encore.
Théodule Luche
89 ème Régiment d'Infanterie
Voici un lien qui permet d'en apprendre plus sur ce régiment, basé à Vincennes, tout comme l'était le Bataillon d'Emile, son frère. Son bataillon était également à Bouchavesnes en octobre 1916.
En octobre 1918, ce Régiment se trouvait en Champagne. Et comme tous, Théodule avait fait Verdun.
http://chtimiste.com/regiments/ligne51-100.htm#_80ème_Régiment_d'Infanterie
89ème Régiment d'Infanterie: casernement à Paris, Vincennes, Sens. Avec la 19 ème Brigade d'Infanterie, la 10 ème Division d'Infanterie, et le 5ème Corps d'Armée.
Un Régiment d'Infanterie ...
L'Infanterie de l'Infanterie d'Active comprend 173 Régiments d'Infanterie, abec en tout, 113 officiers et 3226 hommes.
Dans 1 Régiment, il y a 3 ou 4 bataillons, 1 Etat Major, 1 petit Etat Major, 1 section hors rang, 2 sections de mitrailleuses, 12 éclaireurs montés.
Dans 1 bataillon, il y a un Chef de bataillon (commandant) assisté d'un adjudant-major et d'un médecin. Il est divisé en 4 compagnies.
Dans 1 compagnie, il y a 1 capitaine. Son effectif: le capitaine, 3 lieutenants, 1 sous-lieutenant ou adjudant-chef, 1 adjudant, 1 sergent-major, 1 sergent-fourrier, 8 sergents, 1 caporal-fourrier, 16 caporaux, 2 tambours, 2 clairons , 1 infirmier, 4 brancardiers, 1 tailleurs, 1 cordonnier, 1 cycliste, 3 conducteurs et 210 soldats. Elle est divisée en 4 sections.
Dans une section, il y a 1 lieutenant, ou 1 sous lieutenant ou 1 adjudant, qui commande. Elle se décompose en 2 demi-section ou 4 escouades (environ 65 fusils).
Dans une escouade , il y a 15 soldats groupés sous le commandement d'1 caporal.
Dans la section hors-rang , on trouve des artificiers, des armuriers, des secrétaires, des ordonnances, des sous-officiers d'approvisionnement, des maréchaux-ferrants, des bouchers et 21 conducteurs.
Je ne sais quelle place occupait Théodule Luche dans ce 89ème régiment d'Infanterie. Certainement simple soldat.
L'Armée, en résumé ...
Grandes unités
Armée - Corps d'Armées - Divisions d'Infanterie
Corps de troupes
Régiments d'Infanterie (173) - Bataillons (31) :chasseurs à pied, alpins, et groupes cyclistes, ...)
Théodule Luche se trouvait donc dans un Régiment d'Infanterie et son frère, Georges Emile Luche, se trouvait dans un Bataillon, au sein des Corps de troupes.
Dans un bataillon ...
Dans un bataillon se trouvaient en général des hommes de petites tailles, très vifs et excellents tireurs. il est vrai que Georges Emile ne paraissait pas très grand sur les photographies.
Les Chasseurs agissaient en tirailleurs à l'avant de l'Infanterie, en profitant des accidents de terrain. Ils étaient donc toujours en avant. Il exsistait 31 bataillons de Chasseurs en août 1914.
Chaque division (d'Infanterie, voir au dessus), disposait d'un bataillon.
Ils étaient célèbres pour leurs cors de chasse, leur pas de course et leur couleur "bleu joncquille".
Le 19ème Bataillon était avec la 42 ème Division d'infanterie, la 83ème Brigade d'Infanterie, le 6 ème corps de l'Armée. Puis, elle changea de Division enjuin 1915 et se retrouva avec la 127 Division jusqu'en janvier 1917. Leur casernement aura été à Verdun dès le début de la guerre.






