vendredi 18 avril 2008
Janvier 1992, découverte ...
Alors, du haut de ses 4 ans, cette toute petite fille a attendu, longtemps...très longtemps, mais il n'est jamais revenu.
Longtemps, elle a cru que c'était de sa faute ... et comme tous les enfants qui perdent trop tôt un papa ou une maman, elle s'est mise à l'aimer, à le chérir, à l'adorer même, comme seul un enfant peut le faire... Puis, elle a recueilli tout ce qu'elle a pu trouver de lui, et a tout gardé précieusement afin de nous le transmettre un jour ...
"Les grand mères sont la mémoire du monde. La mort est encore la vie quand on a su transmettre toutes les richesses que l'on porte en soi." (Edouard Bled)
Une petite boîte en métal ...
La petite boîte de ma grand mère: A la mort de mes grands parents paternels, j'ai pu découvrir que ma grand mère, Lucette, détenait une petite boîte en métal pleine de vieux papiers, de carnets, de lettres, de photos de guerre, certains documents étaient même de 1870 ... en fouillant un peu plus, je suis tombée sur tout un tas de documents issus de la Grande Guerre, des carnets écrits, des courriers ... et tout provenait ou parlait du même homme: Georges Emile Luche, son papa. ma grand mère, avec qui je n'avais jamais établi de liens ... avait eu une idée extraordinaire en conservant toutes ces petites choses.
Mélange d'Amélie Poulain et d'Un long dimanche de fiançailles avant l'heure, grâce à cette boîte ... au bout, pas de bonheur à trouver, ni même un fiancé perdu, mais juste l'histoire de mon arrière grand père, qui, comme tous ces hommes, avaient terriblement peur qu'on les oublie.
Ce que Georges Emile a laissé: Des photos prises par lui, des médailles, des cartes-photos, quelques lettres, des carnets noirs, roses ... et à l'intérieur, l'écriture minuscule d'un homme qui racontait à travers ces pages, la Grande Guerre, les tranchées, les longues marches, et surtout, tous ces morts autour de lui, ses amis, ses camarades, qui restaient là, dans la boue ... Je tournais les pages, et je voyais monter la peur, cette peur d'y passer un jour, alors qu'il avait sa femme, sa petite fille là bas, qui l'attendaient ... Marcher tous les jours vers la mort, sans plus trop savoir pourquoi, tuer toujours plus jusqu'à ce que cela devienne le quotidien. Les morts, les mouches, les odeurs, la crasse, la boue, la faim, c'était ça être soldat à ce moment là. Son bataillon a subi le plus de pertes durant ces quatre années et a du être reconstitué plusieurs fois tellement les hommes y mourraient. A la fin du deuxième carnet noir, juste après une permission apparait ces quelques mots: "mort le 7 octobre 1916 Bouchavesnes".
Première lettre lue: Mais ma première découverte fut cette lettre, envoyé à sa femme, Blanche, écrite par son ami. Une lettre faite d'excuses, triste, celle d'un homme qui a perdu son ami de guerre ... et à cette époque, dans cette horreur, il était réellement important d'avoir de bons amis autour de soi, cela donnait du courage pour sortir de la tranchée et foncer, de ne pas se sentir seul à ce moment là ... une amitié était la petite source lumineuse qui aidait à vivre ce quotidien misérable. C'était ce qui restait d'humain au milieu de ce carnage.
27 octobre 1916
Madame, je vous demande de bien vouloir me pardonner de vous avoir menti dans la lettre que je vous ai adressée dernièrement. Je connaissais la pénible vérité puisque mon pauvre ordonnance (?) a été tué à un mètre de moi, mais je me sentais pas le courage de vous l'annoncer. Maintenant que la fatale nouvelle est connue de vous, je vais vous donner les détails qui vous interesseront, j'en suis sûr quelques pénibles qu'ils soient. Luche a été tué le 7 octobre vers 4h00 de l'après midi. Nous avions fait l'attaque et comme d'usage, il avait constamment marché près de moi. Quand nous fumes arrêtés sur la tranchée allemande que nous n'avions pu prendre, nous sautâmes dans un trou d'obus et nous nous mîmes à travailler pour l'approfondir. Les Allemands étaient à trente mètres de nous, nous les voyions parfois circuler et bien entendu nous tirions dessus. Lorsque le malheur arriva, nous étions allongés côte à côte dans le trou, la tête seule dépassant et nous échangions des réflexions joyeuses sur la mort des boches que l'on tirait au passage. Brusquement, je vis votre infortuné mari baisser la tête en même temps qu'un claquement sec me cinglait les oreilles. Je n'eus hélas pas à lui donner de soin. La balle étant rentré en plein front et je vous puis avouer qu'il n'a aucunement souffert. Je vous avoue, Madame, que je suis resté là, hébété, n'osant pas croire à pareil malheur. Nous avions déjà cotoyé ensemble tant de dangers auxquels nous avions échapés que je ne pouvais croire que cela puisse un jour se produire. Luche était un camarade pour moi et je vous dis sincèrement qu'il eut à la dernière minute, les larmes et les sourires (?) d'un ami. Il ne pouvait être question dans une position aussi critique, alors que des blessés restaient sur le terrain, de faire transporter son corps. J'ai fini de creuser moi même le trou assez profond dans lequel nous étions et après avoir eu soin de lui laisser sa plaque d'identité et de lui ôter ses papiers, sa montre, je le couvrais d'une toile et je l'ai inhumé là. J'ai remis tous ces objets au Sergent Major, je pense qu'ils vous sont tous parvenus. Je sais l'endroit à peu près exact où se trouve la tombe de votre mari. Je crois que c'est encore en ce moment en avant de nos lignes, puisque nous avons du nous replier ***** ce jour là. Je vous enverraidès que je le pourrai un plan sur lequel ce sera mieux marqué que sur le croquis succint que je vous donne ici. J'ai la photo dont vous me parlez. Je vous enverrai des épreuves et même le cliché afin que vous puissiez la faire agrandir si vous le désirez. Je me tiens à votre disposition, ne craignez pas de m'écrire si vous aviez besoins de renseignements. Je vous prie de croire, Madame, à la grande part que je prends à votre peine, et je vous adresse mes sentiments respectueux.
Courrier du Lieutenant Galtier.
J'ai lu ensuite, cette première lettre, celle où le Lieutenant mentait à mon arrière grand mère. Trop difficile pour lui d'avoir vu son ami mourir à ses côtés, bêtement, en 1 seconde, au bout de tant de galères traversées, de confidences, d'entraide, et de devoir en plus raconter ce moment douloureux à sa femme, seule là bas, avec leur petite fille. Lui même n'arrivait certainement pas à surmonter sa peine.

Georges Emile Luche, derrière son lieutenant
Pour découvrir Georges Emile Luche, piochez dans les catégories sur votre droite, dont voici la liste ici
Introduction (où vous vous trouvez)
Rien qu'un homme ...(lettres à sa femme, et autres ...)
Carnet 1914 (les extraits de ses carnets pour cette année là)
Carnet 1915 (idem ...)
Carnet 1916 (idem ...)
Le début de ce siècle ...(l'esprit de l'époque, les découvertes, la nation, la vie ...)
Bouchavesnes (passé, présent)
Pour mieux comprendre les écrits (explications sur l'armée entre autre ...)
Sa famille ... (ceux dont il parle, ses parents ...)
Sa fille, ses enfants, ses petits enfants ... (sa descendance: arbres ...)
Une pensée pour son petit frère (Théodule, mort au combat à 24 ans ...)
".. Comme les enfants, nous aimons que l'on s'occupe de nous, que l'on pense à nous, et si on ne peut nous soulager que l'on nous plaigne. Notre plus grande crainte c'est celle que l'on nous oublie..." 17 août 1917.
Boutet, 6ème Régiment du Génie compagnie 9/6 T.
Arbre ...
Georges Emile Luche
Né en 1890 - Mort en 1916
/
Lucette Simone Luche (mariée à Arsène Léon Quémy)
Née en 1912 - Décédée en 1991
/
Jacques-Jean Claude-Daniel-Michèle-Jacqueline-Josette-Claude-Jean Pol-Alain
(5) -- (1) -- (4) -- (2) -- (2) -- (0) -- (2) -- (2) -- (4)
Jacques: Véronique (3 enfants: Anne-Céline, Violaine et Romain),
Anne Céline (1 enfant: Amélie, née en juin 2008)
Christine (2 filles: Virginie et Stéphanie)
Catherine (1 fille: Aurélie)
Philippe (2 enfants: Alexandre et Joanna)
Eric ( 2 enfants: Jordan et Morgane)
Jean Claude: Christine (0 enfant)
Daniel: Mireille (3 enfants: Maxence et Marine et la petite Eva, née en mars 2008...)
Sylvette (1 fils: Mickaël)
Olivier (1 garçon: Mathis)
Marina (0 enfant)
Michèle: Christian (2 enfants: Karine et Thierry)
Jean Pierre (2 enfants: Alexis (2005) et la toute petite Anaïs, née le 20.08.2008)
Jacqueline: Eric , mon cousin et parrain !
Laurent
Claude: Gilles (1 fils: Bryan)
Pascal (2 enfants: Mathéo (2004) et Maëlys (née le 5 décembre 2006))
Jean Pol: Céline (2 garçons: Nathan (2003) et Raphaël (2005)), ma soeur !
Virginie (ça va venir ...)
Alain: Sandrine (Louise, née le 31 janvier 2007)
Jérôme (1 petite fille: Léonie (2004)) et Edouard, né février - mars 2007 ...?)
Alexandre
Stéphania (adoptée)
Soit: 1 fille, 9 petits enfants, 22 arrières petits enfants et 27 arrières arrières petits enfants... et ce n'est pas terminé, car d'autres bis arrières petits enfants vont certainement naitre, et, une autre génération vient d'arriver avec la petite Amélie ...
Ceux qui nous ont quittés à travers les années: Michèle, Daniel, Véronique et dernièrement Eric ...
Soit : actuellement 55 descendants vivants à partir d'un seul être qui aura tout juste eu le temps de faire un enfant avant d'aller mourir à la guerre. Il n'aura profité de sa fille que 4 ans dont 2 passés sous le drapeau.
En italique, les prénoms des petits nouveaux les plus récents dans la famille ...
Si vous me cherchez ...
Un tombeau en plein champ, juste avant la chapelle de Rancourt et Bouchavesnes. Y est enterré le soldat Maurice Gallé, du 106e R.I., mort là le 25 septembre 1916. Blessé mortellement au ventre en secteur allemand, il meurt à l'âge de 21 ans. Porté d'abord disparu, il ne sera déclaré mort que lorsque les Britanniques reprennent le secteur et découvrent son corps en mars 1917. Fils unique, ses parents, originaires de Creil achètent le terrain à la commune de Bouchavesnes pour y faire construire une tombe en l'honneur de leur fils, Maurice. Le monument, qui comporte aussi les noms des soldats de Bouchavesnes, morts au combat, est inauguré en 1922. Le tombeau, surmonté d'une grande croix, existe toujours. Il est situé à la croisée du chemin rural du moulin fondu et de celui du paradis des vaches, en face la D 149 venant de Cléry sur Somme.
Source: Stéphane AUDOUIN-ROUZEAU et nathalie GARREAU-DEMILLY, Maurice Gallé: vie d'un soldat, deuil d'une famille(1914-1929), éditions MEMO,1998.
Croquis envoyé par le Lieutenant : le corps d'Emile Georges Luche se trouverait là bas ...

Normalement, les anglais qui sont passés peu après, ont découvert énormément de corps et les ont fait enterrer dans des cimetières de la région. Mais beaucoup sont encore enfouis sous terre et l' on retrouve encore assez régulièrement des ossements.
Les combats de Bouchavesnes en octobre 1916
| Bouchavesnes 72ème RI Oct 1916 |
| EXTRAIT DU JOURNAL DE MARCHE DU 72ème RI octobre 1916. Secteur BOUCHAVESNES (Somme). Le 72ème RI et son histoire: Le 72ème RI dans les combats de BOUCHAVESNES Après avoir stationné dans la région de CURLU au nord de la rivière Somme, les bataillons du 72ème RI rejoignent dès le 5 octobre le village de BOUCHAVESNES afin de relever le 89ème RI. Dans le secteur occupé par le régiment, les bombardements sont presque continus occasionnant quelques pertes. 7 Octobre 1916 : Au jour J, la 125ème Division a pour mission d’occuper la partie sud-ouest du bois ST PIERRE VAAST et de progresser jusqu’à la ligne 2562 point 132 de manière à prendre possession de la crête militaire donnant des vues sur la tranchée d’Haliez, le Bois ST GERMAIN et la tranchée du Bois ST GERMAIN. Attaque du front Est : Heure de l’attaque : le 7 octobre 1916 à 12h30. Dans cette attaque, entre Bouchavesnes et Moislain, Georges Emile y laissera la vie ... http://monsite.wanadoo.fr/arham/page4.html (bataille de Bouchavesnes) |
Au fond d'un cimetière ...
Cimetière de Montbarrois, entre Beaune La Rolande et Bellegarde, dans le loiret.
Depuis la dernière photo prise par notre grand mère, ou notre mère ... c'est à dire par Lucette Luche (épouse Quémy), cette plaque s'est fortement abîmée. Elle a même du tomber et se casser. On peut voir l'enduit blanc qui la retient. Les photos ne sont plus qu'ombre, certainement le travail du soleil ... Le corps d'Emile n'est pas là, là plupart des corps n'ayant pas été ramenés dans les communes d'où ils venaient.
Soit Emile se trouve toujours dans un champs entre Bouchavesnes et Moislains, soit dans le cimetière dédié au soldats de la ville, ou ailleurs ...
Ce qui est touchant, c'est que depuis le passage de Lucette, où la tombe était recouverte de mousse, celle ci a été nettoyée et surtout, reste propre, très blanche ... l'une des plus blanches du petit cimetière.
Photo prise par sa fille, Lucette Luche, en 1987 environ
Avril 2008 ...
Ici reposent Georges Luche, décédé le 22 mars 1928 à l'âge de 76 ans...
Et Palmyre Barreau épouse Luche, décédée le 7 février 1947 à l'âge de 90 ans.
Son bataillon ...
Sur la tombe de ses parents où se trouve sa photo, on peut y lire que Georges Emile Luche était 19ème B. Chasseurs ... ce qui ne signifiait rien pour moi.
C'est quoi être dans le 19ème B. Chasseurs ... quel est ce bataillon ....?
L'histoire de ce bataillon ...
"En avant toujours, repos ailleurs" (leur devise)
Le 19e bataillon de chasseurs à pied est une unité d'infanterie légère, de l'Armée française, crée en 1853.
En 1914, le 19e bataillon de chasseurs à pied est en garnison à Verdun (6ème région militaire). Il forme, en janvier 1913, le 4ème groupe de chasseurs cyclistes et un bataillon de réserve, le 59ème Bataillon de chasseurs à pieds, à la mobilisation.
Il fait tout d'abord parti de la 42ème Division d'Infanterie d'août 1914 à juin 1915. Le 19e est ensuite rattaché à la 127ème Division d'Infanterie de juin 1915 à janvier 1917, puis à la 166 ème de janvier 1917 à novembre 1918, mais cette partie, George Emile ne la connaîtra pas.
Il fut l'unité de chasseurs à pied, qui subit le plus de pertes pendant la guerre (7 fois reconstitué), soit pour une unité avec un effectif nominal de 1700 hommes :
- officiers : 68 tués, 15 disparus et 174 blessés.
- sous-officiers et chasseurs : 563 tués, 988 disparus et 4528 blessés.
Les batailles que racontent mon arrière grand père font parties de celles là celles là ....
1914
- Du 31 juillet au 14 août 1914, concentration vers Fresnes-en- Woëvre, puis couverture vers Sponville et Mouaville et organisation défensive de la région Herbeuville.
- les Éparges. : le 6 août, combat de Labry.
- du 14 au 21 août 1914 : mouvement vers la région de Ville-en-Woëvre, puis vers celle de Buzy.
- du 21 au 25 août 1914 : offensive par Gondrecourt, jusqu'au-delà de la Crusnes.
- Bataille des Ardennes (1914) :
- Le 22 août, combats vers Pierrepont et Bazailles
- le 24 août, combat vers Nouillonpont.
- 25-29 août 1914 – Repli, par Azannes et Béthelinville, sur la région de Cheppy.
- 29 août-6 septembre 1914 – Transport par voie ferrée de la région de Verdun, dans celle de la Neuvillette ; puis mouvement vers Sault-Saint-Rémy et l'Ecaille.
- À partir du 1er septembre, repli, par Bétheny et Ay, jusque vers Villeneuve-lès-Charleville.
- Première Bataille de la Marne:
- Du 6 au 10, bataille des marais de Saint Gond : Combats vers Villeneuve-lès-Charleville, Soizic-aux- Bois, Talus-Saint-Prix et Corfélix
- 9 septembre, mouvement de rocade vers Connantre et combats dans cette région.
- À partir du 10, poursuite, par Germinon et Juvigny, jusque dans la région d'Auberive-sur-Suippe.
- Du 14 au 22 septembre 1914 : Combats devant Auberive-sur-Suippe
- À partir du 17 septembre, vers Prosnes et la ferme des Marquises.
- 22 septembre-17 octobre 1914 – Mouvement de rocade.
- À partir du 24 septembre, combats vers le fort de la Pompelle et la ferme d'Alger ; puis, stabilisation et occupation d'un secteur vers Sillery et le nord de Saint-Léonard, déplacé à gauche
- 7 octobre, vers le fort de la Pompelle et les abords est de Reims.
- 17-21 octobre 1914 – Retrait du front et transport par V.F., de la région d'Epernay, dans celle de Dunkerque.
- 21 octobre-9 décembre 1914 – Mouvement, par Furnes, vers la région de Nieuport.
- À partir du 23 octobre, engagée dans la bataille de l'Yser.
- 30 octobre, dans la btalle d'Ypres:
- Combats vers Lombartryde, Nieuport, Ramscapelle, Perwyze et Dixmude
- 3 novembre, mouvement de rocade ; combats vers Woumen et Clercken
- 6 novembre, nouveau mouvement de rocade ; combats vers Bixschoote et Kortekeer Cabaret
- À partir du 15 novembre, occupation d'un secteur vers Kortekeer Cabaret et la maison du Passeur.
- du 9 au 30 décembre 1914 – Occupation d'un nouveau secteur vers le château d'Herenthage et Verbranden-Molen : violents combats vers la cote 60.
- 14 décembre, attaques françaises sur la cote 60 et sur la ferme Grœnenbourg.
- 25 décembre, secteur déplacé, à droite, vers Zwarteleen et le canal d'Ypres à la Lys.
- 30 décembre 1914 au 11 janvier 1915 : retrait du front et transport par voie ferrée, de la région de Cassel, dans celle d'Amiens. Repos vers Guyencourt.
1915
- 11 au 17 janvier 1915 : Transport par voie ferrée vers la Neuville-aux-Bois
- A partir du 15 janvier, transport par voie ferrée et par camions vers le front.
- Du 17 janvier à juin 1915 : Occupation d'un secteur vers le Four de Paris et Bagatelles (guerre des mines) : violentes actions locales répétées.
- 15 juin 1915 – Constitué le 15 juin 1915, dans la région de Génicourt-sur-Meuse.
- 15 juin – 5 août 1915. – Occupation d'un secteur vers Seuzey et Vaux-lès-Palameix.
- 5 août – 2 septembre 1915. – Retrait du front et repos vers Rosnes.
- 2– 20 septembre 1915. – Mouvement par étapes vers la région de Cheppes ; repos et instruction.
- 20 septembre– 4 octobre 1915. – Mouvement vers le camp de Noblette.
- À partir du 25 septembre, engagée dans la Deuxième Bataille de Champagne: Combats dans la région butte de Souain, ferme Navarrin. Puis occupation du terrain conquis, à l'est de la route de Souain à Somme-Py.
- 4 – 27 octobre 1915 – Retrait du front ; tenu prêt à intervenir
- 4 - 8 octobre: mouvement vers le camp de la Noblette ; repos.
1916
- 27 octobre 1915 – 3 juin 1916. – Occupation d'un secteur vers la butte de Souain et le nord de la ferme des Wacques :
- Le 27 février 1916, attaque allemande.
- Le 14 avril, extension du front, à gauche, au nord-est de Saint Hilaire Le Grand.
- Le 19 mai, attaque allemande par gaz.
- Le 1er juin, nouvelle extension du front, à gauche, jusque vers l'Epine de Védegrange.
- 3–22 juin 1916 – Retrait du front, transport par camions dans la région de Vadenay ; repos
- À partir du 15 juin, transport par camions dans la région de Vaubecourt; repos.
- 22 juin–6 juillet 1916. – Transport par camions à Verdun.
- À partir du 24 juin, engagé dans la bataille de Verdun, vers le bois Fumin et le sud de Damloup
- Le 3 juillet, attaque allemande sur la batterie de Damloup : le 4, contre-attaque française.
- 6–22 juillet 1916. – Retrait du front, transport par camions dans la région de Bar-le-Duc.
- A partir du 17 juillet, transport par VF. dans la région de Fère en Tardenois, puis mouvement vers Soissons.
- 22 juillet–26 août 1916. – Occupation d'un secteur vers Pernant et Soissons.
- 26 août–16 septembre 1916. – Retrait du front, repos et instruction vers Fère-en- Tardenois.
- À partir du 6 septembre, transport par VF. dans la région d'Amiens ; repos et instruction.
- 16 septembre – 3 octobre 1916. – Mouvement vers le front. Engagé dans la bataille de la Somme, vers Bouchavesnes et la ferme de Bois l'Abbé.
- Les 20 et 22 septembre, attaques allemandes.
- Les 25, 26 et 27 septembre, attaques françaises
- 3–18 octobre 1916. – Retrait du front (éléments maintenus en secteur jusqu'au 8 octobre) ; transport par camions dans la région de Méricourt sur Somme ; repos.
Il sera éternel pour Georges Emile qui n'ira pas plus loin que ce chemin qui menait de Bouchavesnes au village de Moislains, non loin de la ferme de Bois l'Abbé.
Leur refrain ...
Comme tous les bataillons de chasseurs à pied le 19 ème a un refrain : Trou du cul, trou du cul, plein de poils sales. Trou du cul, trou du cul poilu. Ce refrain, un peu paillard semble avoir été composé lors de la campagne de Crimée, il refléterait les très mauvaises conditions d'hygiène des troupes qui y furent engagées. En 1929, charles de Gaulle, alors qu'il dirige le bataillon, tente d'imposer une version plus édulcorée : "Le beau dix, le beau dix-neuvième. N'est pas, n'est pas le dernier.", mais le refrain original gardera toujours la faveur de la troupe et restera en usage, jusqu'à la dissolution de l'unité.
Et bien, joli refrain que voilà ...!
Site sur la bataille de Bouchavesnes ...
Ou, comment imaginer les derniers instants de Georges Emilie Luche ...
http://laurent59.canalblog.com/archives/bataille_de_la_somme_sept__oct__1916/index.html
Région de Bouchavesnes, où, presque 100 ans après, il reste de fortes traces ... et sous ce sol, non loin ... notre arrière grand père ...?
1er août 1914 et premières lignes du petit carnet noir
1er août - 10h du matin, apprend l'ordre d'appel, étant à l'atelier, pars immédiatement pour Bobigny. Je m'habille, à 11 h je suis de retour à Paris. Je dis au revoir à Georges et en route. Je passe chez mon oncle. Je trouve tout le monde en larmes, Camille est parti le matin pour Châlons. Je rentre au Fort de Vincennes vers 3 heures. A 4 h, j'ai douche, pantalon, capote et sac: me voici chasseur à pieds. Jusqu'à la nuit je remplis des paillasses. Vers 8 heures, après avoir mangé un morceau, je me couchedans la chapelle.
Dans la soirée, j'apprends que la mobilisation est ordonnée.
2 août - Bien mauvaise nuit: les réservistes arrivent à chaque instant. C'est un vacarme infernal. Ce matin, réveil à volonté. Je me lève vers 6 heures et je me promène dans le fort qui est rempli de troupes. Vers 10 heures, on me demande au bureau avec deux camarades. J'apprends que je vais partir pour le fort de Noisy. Je mange la soupe et on nous déshabille. Je sors du fort et je vais casser la croûte avec mon ancien sergent, qui, lui aussi, retourne au groupe. Il demeure à Vincennes. Nous allons à pieds à Noisy car il n'y a pas de tramway. Nous arrivons vers 6 heures, personne ne s'occupe de nous. Je me déshabille pour passer la nuit.
Georges Emile se trouve à gauche, sous la petite croix dessinée.
samedi 19 avril 2008
Théodule ...
Théodule, mort pour la France le 9 octobre 1918 à l'âge de 24 ans. Il a donné ses 20 ans à la guerre et à la France, et sa photo vieillit maintenant sur la croix de ses parents, dans un petit cimetière du Loiret.
De lui, on ne sait pas grand chose, juste une photo dans l'album généalogique réalisé par Lucette, sa nièce, et ceci inscrit sous la photo du cimetière: 89ème Régiment d'Infanterie.
Il était difficile de survivre en cette période de fin de guerre, les pertes furent terrible là encore.
Théodule Luche
89 ème Régiment d'Infanterie
Voici un lien qui permet d'en apprendre plus sur ce régiment, basé à Vincennes, tout comme l'était le Bataillon d'Emile, son frère. Son bataillon était également à Bouchavesnes en octobre 1916.
En octobre 1918, ce Régiment se trouvait en Champagne. Et comme tous, Théodule avait fait Verdun.
http://chtimiste.com/regiments/ligne51-100.htm#_80ème_Régiment_d'Infanterie
89ème Régiment d'Infanterie: casernement à Paris, Vincennes, Sens. Avec la 19 ème Brigade d'Infanterie, la 10 ème Division d'Infanterie, et le 5ème Corps d'Armée.









